Le secret de Gin
C’est le buzz de la presse people du moment. Les « Paris Bitch », « Voilà », « Gaga », « Ici Marie » en fond leur couverture hebdomadaire. Nous parlons bien entendu de la révélation de Gin, qui comme vous l’avez appris, se nomme en réalité Ginette. "Il" nous a reçu pour nous dévoiler un peu plus, sans tabou, son lourd passé. Entretien.
Son appellation n’avait interpellée personne jusqu'à présent. « Pourtant c’est un dérivé », s’exclama t-il dans un sourire. L’appellation, obligatoire dans son emploi devait être un nom d’alcool. « J’ai tout de suite pensé à Gin. Cela s’est imposé comme une évidence. C’est la première partie de mon prénom et cela me convenait tout à fait ».
Cette personnalité complexe était pourtant attirée par les hommes au départ. « Bien sûr ! Comme la majeure partie des jeunes filles de mon âge ! ». C’est une relation et surtout une rupture qui fut un tournant dans sa vie. « Je l’ai rencontré au travail. Il était nouveau. Son appellation avait du style, il s’appelait Rye ». Cela explique tout à fait pourquoi ce dernier l’avait nommée « petite amie » lors de leur dernière rencontre. « Nous étions très heureux au départ, mais cela n’a pas duré très longtemps, relata t-il. En fait une autre fille, Akemi, l’aimait et cela semblait réciproque. Je sentais qu’il m’échappait petit à petit jusqu'à ce qu’il me le dise ». Il prononça, dans un excès de rage : « Je n’ai jamais pu pardonner à cette fille, je lui en voulais à mort. »
C’est depuis ce temps là que le ressort s’est cassé. Son comportement n’était plus du tout le même. Lorsqu’on lui demande comment c’est effectuée cette transformation en homme dans son esprit, il répond qu’il ne sait pas exactement. « C’est un peu embrouillé dans ma tête, mais je crois que la rupture a été le déclic ».
Depuis il sort avec des femmes. « Au départ j’avais flashé sur Shiho, la sœur d’Akemi. Mais elle m’a mis un râteau monumental avec toute l’ironie, le cynisme, le mépris qui la caractérise. Je crois qu’elle m’en voulait beaucoup à cause de sa sœur ». Outre son refus, c’est le départ de cette fille qui l’a anéanti. « Je crois que j’ai été un peu brusque avec elle, à l’enfermer, mais je suis comme ça, un peu maladroit aussi, ça n’aide pas vraiment ».
On a voulu savoir si Gin souhaitait la revoir ou tourner la page. « Je l’ai revu, s’exclama t-il. Mais j’étais en colère ce jour là et je m’y suis mal pris. Je voulais absolument qu’elle revienne, j’avais peur qu’elle parte, de ne plus la voir, j’ai usé de maladresse ». Effectivement, pour lui son seul moyen était son pistolet. « Je lui est tiré dessus. Plusieurs fois même. Comme ça elle n’aurait pas pu s’enfuir et mon coéquipier l’aurait ramassé. Puis on l’aurait ramené ». Mais un imprévu arriva et Shiho pu s’en aller. Cela attriste encore Gin aujourd’hui. « Je suis sûr qu’elle me déteste maintenant. Elle doit avoir peur de moi en plus. Je regrette mon geste ». Mais il est trop tard.
Cependant, Gin noît son chagrin avec une autre femme. « Oui c’est vrai, déclara t-il. Elle s’appelle Vermouth. Mais c’est assez ambiguë. On est plus amant qu’autre chose. Elle me réconforte dans les moments difficiles ».
S’il y eut un changement mental, son allure n’a pas changé. Il est vrai que ses cheveux très longs ne sont pas communs pour un homme. « Je tiens beaucoup à mes cheveux, cela fait longtemps que je vis avec cette coupe là, cela fait partie de mon style, de mon identité. Après être devenu un homme, je n’ai pas eu envie de sacrifier mes longs cheveux pour une coupe plus courte, plus masculine. » Cela montre également toute l’ambiguïté du personnage, mi-homme, mi-femme. Et il ajoute fermement : « Je sais que certains se coupent les cheveux après un changement important dans leur vie, comme un décès par exemple, mais ce n’est pas mon cas, je pense que c’est un aveu de faiblesse ».
Car techniquement parlant, Gin est toujours une femme. Alors pourquoi ce choix là et non une transformation radicale ? « En fait je comptais effectuer une opération, expliqua-il. Pour cela, j’ai recherché quelqu’un qui était le plus susceptible de m’aider. J’ai trouvé un médecin français qui me paraissait très compétant, de par son nom. Je crois qu’il se nommait Doc Gynéco ». Mais cette démarche ne fut pas couronnée de succès. « J’ai effectué un voyage afin de le rencontrer. Malheureusement, il y a eu un malentendu et il ne fut pas du tout la personne que je recherchais. » Ensuite la résignation prit le pas. « Je n’avais plus le courage et la motivation de chercher un médecin compétent et discret », soupira-t-il.
On a voulu en savoir plus sur sa voix. Une voix aussi grave n’est pas normale pour quelqu’un qui est né femme. Nous étions certains qu’une opération a permis la modification de celle-ci. « Mais pas du tout ! En fait, c’est à cause de la cigarette. J’ai une gorge fragile et fumer deux paquets par jours depuis l’adolescence a eu des conséquences sur mon timbre de voix, déclara t-il. Je vous jure que lorsque j’étais jeune, ma voix n’était pas du tout la même que maintenant. » Cependant, il ne regrette pas vraiment ces excès. « Finalement, cela m’a permis d’éviter une opération coûteuse pour une voix grave, ce qui n’est pas si mal. Mais il va falloir que je limite ma consommation à présent, car ma gorge ne va pas le supporter longtemps ». Il n’ose pas évoquer la finalité probable de ce comportement, à savoir un cancer de la gorge.
Gin, anciennement Ginette, n’a pas eu peur d’évoquer son secret – qui n’en est plus un – publiquement. Lorsqu’on lui demanda si cette révélation ne lui a pas posé de problème dans son travail, il répond par la négative. « Ils sont au courant depuis longtemps et les rapports n’ont pas changés. Mon implication est toujours la même et mes subordonnés me suivent sans hésitation. Le fait que cela soit devenu public ne change rien ». Espérons qu’il ne le regrettera pas plus tard.
C. F.